Les droits télévisés, les sponsors, la billetterie et les produits dérivés ont contribué à faire exploser les revenus de la compétition organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, jusqu’à un nouveau record.

Trente jours de compétition pour générer davantage de richesses que le produit intérieur brut annuel de dizaines d’États. Présentée comme l’événement sportif le plus lucratif de l’histoire, la Coupe du monde 2026, organisée conjointement pour la première fois par les États-Unis, le Canada et le Mexique, a pleinement tenu ses promesses.

D’après les données publiées par la FIFA, le tournoi, remporté par l’Espagne face à l’Argentine, a généré 11 milliards de dollars de recettes, soit une progression de deux milliards par rapport au cycle précédent, achevé avec le Mondial 2022 au Qatar.

Cette forte hausse des revenus apparaît d’autant plus frappante que l’instance dirigeante du football mondial demeure, sur le papier, une organisation à but non lucratif. Elle ne prend en charge ni la construction des stades, ni la sécurité, ni les infrastructures de transport.

L’organisation basée à Zurich bénéficie également d’exonérations fiscales sur ses revenus issus de la billetterie, de l’hospitalité et du sponsoring, qui ne sont pas imposés dans les pays hôtes.

Un modèle économique bien huilé

Autrement dit, la Coupe du monde repose sur un dispositif financé en grande partie par des tiers, tandis que les recettes échappent à la fiscalité locale. Le Canada a ainsi investi plus d’un milliard de dollars canadiens pour accueillir treize rencontres, tandis que les dépenses des autres pays organisateurs se chiffrent aussi en centaines de millions de fonds publics.

Rapportée aux 104 matches prévus dans ce format élargi à 48 équipes, chaque rencontre de 90 minutes a généré en moyenne plus de 30 millions de dollars pour l’organisation présidée par Gianni Infantino. Mais comment ce modèle économique est-il ficelé ?

Les droits de diffusion télévisée constituent la principale source de revenus, avec environ 4,26 milliards de dollars empochés. L’ancrage nord-américain de la compétition joue un rôle clé, en permettant aux audiences américaine et européenne de suivre de nombreuses affiches à des heures de grande écoute. Un avantage majeur pour les diffuseurs comme pour les annonceurs.

Des entreprises telles qu’Adidas, Visa, Hyundai, Kia ou Aramco investissent des centaines de millions de dollars pour associer leur image à la compétition. Fait notable, les groupes américains ont représenté, pour la première fois, plus de la moitié des revenus de sponsoring de la FIFA, un segment en croissance de plus de 150% depuis 2010.

Où va réellement l’argent ?

La billetterie et les offres d’hospitalité arrivent ensuite, avec des recettes estimées à 3,09 milliards de dollars. Les prix ont fortement augmenté par rapport au Qatar, où certains billets locaux étaient proposés à 11 dollars.

En 2026, des places équivalentes dépassent les 1 000 dollars. Le match d’ouverture, initialement estimé à 569 dollars, a finalement atteint 1 728 dollars, tandis que la finale s’est revendue à plus de 32 000 dollars sur le marché secondaire.

Les packages d’hospitalité premium, quant à eux, varient entre 10 000 et plus de 100 000 dollars par match. Ces recettes ont bondi de plus de 200% par rapport à l’édition qatarie, portées par des stades nord-américains de plus grande capacité et un pouvoir d’achat plus élevé.

Dans cet ensemble financier considérable, la part redistribuée aux acteurs du jeu reste relativement limitée. L’enveloppe des primes atteint environ 871 millions de dollars, répartis entre les 48 sélections participantes. Le vainqueur perçoit près de 50 millions de dollars, tandis que les équipes éliminées dès le premier tour reçoivent également une dotation significative.

Les dépenses opérationnelles du tournoi — sécurité, logistique, technologies et gestion des sites répartis dans 16 villes hôtes à travers les trois pays — sont estimées à environ 2,5 milliards de dollars. Par ailleurs, la FIFA consacre plusieurs centaines de millions de dollars au développement du football au sein de ses 211 fédérations membres, notamment pour le financement du football de base, la formation des entraîneurs et les infrastructures.

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