La plateforme de services bancaires dématérialisés dispose désormais d’une licence en bonne et due forme pour opérer sur le territoire français. De quoi conforter les projets d’expansion de cette fintech, qui pourrait bien dessiner l’avenir des banques classiques.

Revolut a annoncé, lundi 10 août 2026, avoir décroché son agrément bancaire en France. Cette étape significative intervient 15 mois après que l’entreprise a fait part, au sommet Choose France, de sa volonté de faire de Paris son hub pour l’Europe de l’Ouest.

Pour concrétiser cette ambition, la société fondée par l’homme d’affaires britannique Nik Storonsky s’est entourée, selon les informations de BFM Business, de spécialistes du secteur, tels que Frédéric Oudéa, ancien patron de Société Générale, ou encore Perrine Kaltwasser, ex-directrice des risques à La Banque Postale, afin de convaincre les régulateurs.

« Elle illustre notre volonté de construire, dans la durée, une banque répondant aux exigences les plus strictes en matière de réglementation, de conformité et de gouvernance », affirme Frédéric Oudéa, qui préside le conseil d’administration de Revolut Western Europe, au sujet de cette décision entérinée par la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Une banque à part entière

Ce sésame est précieux pour la plateforme. Jusqu’ici, ses clients pouvaient seulement ouvrir un compte, détenir une carte bancaire et placer leur argent en Bourse, tout en profitant de quelques avantages annexes, comme la livraison gratuite sur Uber ou un abonnement à ChatGPT.

Désormais, la néo-banque va pouvoir leur proposer une panoplie de nouvelles prestations, allant du crédit à la collecte de l’impôt, en passant par les produits d’épargne. Un gage de confiance susceptible de toucher ses 75 millions d’utilisateurs à travers le monde.

Cette autorisation est d’autant plus décisive que Revolut a investi plus d’un milliard d’euros en France sur trois ans. S’y ajoutent l’ouverture d’un siège social à Paris début 2027 et 400 recrutements dans l’Hexagone, dont une partie viendra étoffer les équipes de conformité et de lutte contre le blanchiment d’argent.

Les banques traditionnelles à la traîne ?

À l’instar d’autres banques en ligne comme Nickel ou Trade Republic, Revolut peut miser sur des offres alléchantes à destination des particuliers. La formule de base comprend ainsi l’ouverture d’un compte et une carte bancaire sans frais.

Les utilisateurs bénéficient en outre d’une épargne rémunérée jusqu’à 2,5%. Autant d’atouts qui font peser une sérieuse menace sur les établissements historiques, incapables de rivaliser. En quatre ans, ces derniers ont perdu deux millions de clients, quand les solutions digitales en ont gagné 15 millions, selon RTL France.

Face à cette situation, les acteurs traditionnels développent eux aussi leurs propres offres en ligne. Une dynamique qui préfigure le paysage bancaire de demain. Selon les analystes les plus pessimistes cités par la radio, 15 à 20% du réseau pourraient disparaître dans les trois ans à venir.

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