Longtemps cantonnée à des usages limités, la version améliorée de l’assistant vocal d’Amazon fait son entrée en France avec des ambitions bien plus large.

Un an après son lancement aux États-Unis, la nouvelle version de l’assistant vocal d’Amazon est désormais proposée dans l’Hexagone, d’abord en accès anticipé. Elle promet une rupture technologique majeure avec ce que l’entreprise elle-même qualifie d’Alexa « préhistorique ».

L’expérience utilisateur s’annonce d’autant plus aboutie que le projet a été supervisé, selon BFM Tech, par Panos Panay, ancien responsable emblématique de la division Surface chez Microsoft, reconnu pour son exigence en matière d’ergonomie.

Cette rigueur expliquerait d’ailleurs le déploiement tardif de l’outil sur le marché français. Alexa+ dans sa version locale se présente ainsi comme un produit finement adapté aux spécificités nationales, jusque dans les détails linguistiques.

L’assistant est non seulement capable de s’exprimer en français, mais aussi d’en saisir les usages quotidiens. Il comprend les expressions idiomatiques, l’humour, ainsi que des images comme « coup de foudre ».

Mistral au cœur du dispositif

Il intègre également les formes orales telles qu’elles sont réellement employées — par exemple « je peux pas » sans négation complète —, ainsi que les ellipses et les sous-entendus. Cette aisance repose sur une architecture technique particulièrement avancée.

Celle-ci mobilise une soixantaine de grands modèles de langage en fonction des tâches, dont Nova (le modèle interne d’Amazon), des systèmes développés par Anthropic, ainsi que Mistral, acteur français de premier plan dans l’IA.

Chaque requête active les capacités les plus pertinentes. Alexa+ conserve le contexte des échanges et peut s’en servir pour anticiper les besoins, allant jusqu’à mémoriser, par exemple, l’allergie d’un enfant afin d’adapter automatiquement des réservations au restaurant.

L’assistant ne se limite plus à répondre : il exécute. Il peut réserver une table via La Fourchette, rechercher des billets de concert, vérifier leur compatibilité avec l’agenda de l’utilisateur, puis ajouter l’événement au calendrier, le tout à la voix, sans interaction avec l’écran.

De la commande vocale à l’agent du quotidien

Il est également capable d’analyser des documents PDF importés depuis l’application, d’en produire une synthèse ou d’en extraire les informations essentielles, à l’instar de ChatGPT et d’autres outils d’IA générative.

Mais ce qui distingue véritablement Alexa+ des assistants purement conversationnels réside dans son intégration à l’Internet des objets. Amazon s’appuie sur un vaste écosystème d’enceintes connectées, d’appareils Echo, de caméras et de prises intelligentes déjà présents dans les foyers. Alexa+ en devient le centre de contrôle unifié.

Lors de démonstrations organisées par le groupe, l’assistant a notamment activé une machine à pop-corn via une prise connectée, lancé un robot aspirateur après un incident domestique, ou encore orchestré, en une seule commande complexe, l’extinction des lumières, la fermeture des volets et l’activation d’un éclairage d’ambiance au moment de quitter le domicile.

Pour les journalistes présents, cette évolution concrétise enfin les promesses de la maison connectée formulées depuis deux décennies. Côté tarification, Alexa+ est proposé sans surcoût aux utilisateurs d’appareils Amazon récents et aux abonnés Prime. Pour les autres, l’accès est facturé entre 22 et 23 euros par mois.

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