Le gouvernement a annoncé cette mesure, qui pourrait offrir un léger répit aux commerces délaissés par les consommateurs, notamment en raison de la canicule.
Une semaine supplémentaire. Initialement prévue pour s’achever le 21 juillet, la période des soldes d’été a été prolongée jusqu’au 28, a annoncé ce mardi 30 juin le ministre du Commerce, Serge Papin.
Cette décision confirme les propos du Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui avait évoqué trois jours plus tôt un allongement de la période sans en préciser les modalités. « La canicule a fait que (…) les magasins n’ont pas été fréquentés pendant cette période, donc les soldes n’ont pas bien fonctionné », a expliqué Serge Papin sur TF1.
Lancées en pleine vague de chaleur, les promotions avaient en effet démarré difficilement. Si les grandes enseignes climatisées ont réussi à attirer une clientèle en quête de fraîcheur autant que de bonnes affaires, les petits commerces de proximité ont, eux, dû composer avec une fréquentation quasi inexistante.
Un mauvais timing
Le constat, dressé samedi par plusieurs commerçants parisiens au micro d’Europe 1, est sans appel : la canicule a fortement perturbé le lancement d’une période pourtant essentielle pour leur activité. Sophie, gérante expérimentée dont la boutique affiche des réductions allant de 30 à 50%, résume la situation.
Âgée de plus de 80 ans, elle a connu de nombreuses saisons commerciales, mais affirme n’avoir jamais vécu une telle combinaison de facteurs défavorables. Depuis le début des soldes, son magasin du 16e arrondissement est resté presque vide.
« Je considère qu’il n’y a personne. C’est partout pareil. Les magasins sont vides », confiait-elle, résignée. Dans le 15e arrondissement, Jennifer, à la tête d’une petite boutique d’accessoires située dans une rue habituellement animée, fait le même constat.
Malgré des remises similaires sur ses produits, l’absence de clients persiste. Lors du premier samedi des soldes, elle n’avait enregistré qu’une seule vente en milieu d’après-midi.
La prolongation, un répit relatif
L’annonce gouvernementale offre un sursis aux commerçants concernés. Quelques jours supplémentaires permettent d’écouler davantage de marchandises, de limiter les pertes et de reconstituer une trésorerie fragilisée par un démarrage difficile.
Cependant, les perspectives restent incertaines. Les indicateurs précédant cette édition 2026 figuraient déjà parmi les plus dégradés de ces dernières années. L’été précédent, après quatre semaines de promotions, les ventes avaient reculé de 5% par rapport à des niveaux déjà en baisse.
La participation suit la même tendance. D’après les données de l’application Joko, 45% des Français avaient effectué des achats pendant les soldes en 2024, contre 41% l’année suivante. Un sondage OpinionWay réalisé avant le lancement de l’édition 2026 indiquait que seuls 39% envisageaient d’y prendre part.
À ces éléments s’ajoute le risque d’un nouvel épisode de fortes chaleurs dans les semaines à venir, susceptible d’atténuer les effets de cette prolongation, même si le gouvernement se dit prêt à envisager d’autres ajustements si nécessaire.
