Le SUV électrique, particulièrement prisé des automobilistes de la marque américaine, est plus accessible que jamais dans la capitale japonaise. Le fruit d’une combinaison entre des subventions généreuses et une monnaie locale au plus bas.
Si vous vivez à Tokyo, au Japon, vous pouvez vous procurer une Tesla Model Y flambant neuve pour moins de 23 000 dollars américains, soit 22 889 dollars plus exactement, selon Bloomberg. Cela correspond à 3,6 millions de yens.
Ce prix est inférieur de deux millions de yens à celui affiché par la marque américaine sur son site internet pour le reste du pays. Aux États-Unis, le même véhicule coûte environ 32 000 dollars, une fois déduite l’aide fédérale.
C’est dire à quel point ce SUV familial dérivé de la Model 3 constitue une bonne affaire au pays du Soleil-Levant. D’où sa popularité sur place. Selon les données d’immatriculations de JATO Dynamics, citées par Tesla Japan, le Model Y se serait écoulé à environ 9 400 exemplaires entre janvier et juin.
De quoi en faire la voiture importée la plus vendue au Japon, toutes motorisations confondues et parmi l’ensemble des marques étrangères.
Un paradoxe bienheureux
Derrière cette accessibilité tarifaire figurent les subventions dont les Tokyoïtes peuvent bénéficier à deux niveaux : national et métropolitain, à condition de remplir tous les critères. Cela comprend notamment la CEV Subsidy — Clean Energy Vehicle Introduction Promotion Subsidy — destinée à favoriser l’adoption de véhicules à faibles émissions.
À ce mécanisme d’État s’ajoute celui de la ville de Tokyo. Cumulées, les aides financières accessibles à un résident de la capitale japonaise peuvent ainsi dépasser largement deux millions de yens.
Mais ce n’est pas tout. La monnaie locale s’est dépréciée face au dollar comme au yuan, ce qui devrait, en principe, renchérir le coût d’une automobile importée, comme l’explique The Electric Viking, YouTubeur spécialiste de la transition écologique.
Sauf que Tesla n’a pas ajusté ses prix à la baisse du yen, si bien que la Model Y devient mécaniquement moins chère lorsqu’elle est convertie en dollars. Un paradoxe bienheureux pour les adeptes de ce véhicule au Japon.
Plus compétitive qu’en Chine
Plus globalement, la Tesla Model Y coûte moins cher au Japon qu’en Chine, où elle est pourtant produite, notamment à Shanghai. Le constructeur texan ne manque pas de capitaliser sur cet avantage concurrentiel à travers son discours publicitaire.
De bon augure pour l’administration Trump, qui souhaite voir les constructeurs américains inonder le marché japonais, quitte à recourir à son arme traditionnelle des droits de douane.
« Ils ne prennent pas nos voitures, n’est-ce pas ? Et pourtant, nous prenons des millions et des millions de leurs voitures aux États-Unis. Ce n’est pas juste », déclarait le locataire de la Maison-Blanche en juin dernier, dans une interview accordée à Fox News.
