Le constructeur chinois veut bousculer la hiérarchie sur le marché local et au-delà, grâce à une impressionnante stratégie de diversification.
Si l’édition 2026 de l’Auto China a servi de vitrine à la domination de l’industrie automobile chinoise sur le reste du monde, une marque locale y a montré qu’elle avait les moyens de jouer les trouble‑fêtes.
Son nom ? Geely, qui y a dévoilé sa vision de l’avenir électrique à travers le concept de luxe Galaxy Light et, surtout, une architecture inédite pour véhicules tout‑terrain électrifiés.
À cela s’ajoutent l’EVA Cab, présenté comme le premier robotaxi nativement conçu en Chine, ainsi que le système de motorisation i‑HEV intelligent hybrid, décrit comme « l’hybride le plus électrique au monde ».
Cette ambition d’un écosystème automobile complet permet aujourd’hui au constructeur, contrôlé par le conglomérat fondé par le milliardaire Li Shufu, de nourrir de grandes ambitions, portées par des percées spectaculaires sur le marché intérieur depuis le début de l’année 2026.
Le roi BYD détrôné
Avec 270 000 unités écoulées en janvier (contre environ 210 000 pour son rival), le groupe a détrôné BYD – champion chinois de l’électrique, qui a dépassé Tesla en 2025 au niveau mondial – pour devenir, le temps d’un mois, premier constructeur automobile de Chine.
Cette performance est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte où la plupart des marques chinoises ont vu leurs ventes reculer en janvier, période traditionnellement morose pour le secteur. Geely a non seulement affiché une hausse de 1,3% par rapport à janvier 2025, mais aussi une progression de 14% par rapport à décembre, un cas presque isolé dans l’industrie.
Le levier décisif de ce succès tient à la marque premium Zeekr, dont les livraisons ont bondi de près de 100% en janvier pour atteindre 23 852 véhicules. Longtemps perçue comme une outsider, elle connaît une envolée qui surprend même les observateurs les plus optimistes. Et ce n’est là qu’une des nombreuses facettes d’un groupe qui chapeaute aussi Volvo, Lotus ou encore Polestar.
La flexibilité comme stratégie gagnante
Contrairement à BYD qui mise presque tout sur l’électrique, Geely fabrique 4 types de voitures : essence classique, hybrides essence-électricité, hybrides rechargeables et 100% électriques. Cette diversité lui permet de pivoter instantanément selon les circonstances, comme l’explique le New York Times (NYT).
Ainsi, quand la Chine a supprimé les subventions pour l’électrique début 2026 et que la demande a chuté, Geely a basculé sur ses modèles essence. Puis, lorsque la guerre en Iran a provoqué une flambée des prix du carburant dans les mois suivants, le groupe a remis en avant ses hybrides et ses électriques.
Résultat : en avril 2026, alors que les ventes de voitures essence ont plongé de 40% en Chine et celles d’électriques de 14%, Geely reste résilient grâce à cette polyvalence. « Chacun de leurs véhicules sera très économe en carburant. Ce sera un autre avantage », indique Yale Zhang, directeur général du cabinet de conseil Automotive Foresight, cité par le NYT.
Il n’en reste pas moins que plusieurs écueils pourraient entraver ces ambitions : la nécessité d’atteindre des volumes colossaux pour rester rentable et une guerre des prix féroce entre constructeurs chinois, notamment publics, qui rogne les marges sur le marché domestique.
