Voilà une nouvelle qui va déplaire aux fumeurs ! La Première ministre Elisabeth Borne vient d’informer que les cigarettes allaient coûter plus cher. Bercy précise même que le prix moyen du paquet, actuellement fixé à 10,15 euros, va augmenter de « 50 centimes en 2023 et de 35 centimes en 2024 ». Résultat des courses : il va atteindre 11 euros à l’horizon 2024 !

L’inflation touche tous les secteurs. Celui du tabac n’échappe pas au phénomène. Stable depuis deux ans, le prix moyen des cigarettes va désormais suivre l’inflation et se hisser à 11 euros le paquet d’ici deux ans. Une information confirmée le 26 septembre dernier par Elisabeth Borne, plaidant pour la lutte contre le tabagisme. « Je vous confirme que le prix du paquet va augmenter comme l’inflation. Ça serait assez paradoxal que la hausse des cigarettes soit moins élevée que l’inflation. Cela signifierait que finalement, relativement, le prix baisserait », a indiqué la Première ministre sur RMC/BFMTV à l’occasion de la présentation du projet du budget 2023.

Ce même jour, le conseil des ministres a présenté son projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Ce dernier prévoit notamment que le prix moyen du paquet, « aujourd’hui de 10,15 euros », va augmenter de « 50 centimes en 2023 et 35 centimes en 2024. Bercy a précisé à l’AFP que le prix moyen du paquet tournera autour des 11 euros dans deux ans.

Une nouvelle qui a de quoi frustrer les fumeurs. Le président du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) Yves Martinet estime toutefois que, « cette hausse va être relativement peu importante et peu significative ».

Le tabac à rouler et le tabac chauffé, actuellement moins taxés que la cigarette classique, vont quant à eux avoir des barèmes fiscaux plus adaptés. « Ce que nous souhaitons, ce sont des hausses plus importantes et répétées de l’ordre de 1 euro par an », détaille Yves Martinet sur franceinfo. Et ce pneumologue de continuer en estimant qu’il s’agit d’une « réelle augmentation des prix en tenant compte de l’inflation ». Le paquet de cigarettes coûtera 10,50 euros dans un an, et 11 euros en 2025.

Ces mesures ont logiquement soulevé un tollé chez les fabricants de cigarettes. Interrogée par l’AFP, Jeanne Pollès, la présidente de Philip Morris France, signale que « cette hausse fiscale considérable va pénaliser les Français les plus pauvres et aggraver la montée des trafics de fausses cigarettes à bas prix ». Même son de cloche pour la British American Tobacco (BAT), qui regrette « un cadeau fait au crime organisé ». L’un de ses porte-paroles va même jusqu’à prédire l’apparition de « nouvelles manufactures de contrefaçon de tabac en France ».

Face à cette levée de boucliers, Yves Martinet souligne que deux fumeurs sur trois souhaitent aujourd’hui se débarrasser de la cigarette. « Le message à donner, c’est : arrêtez de fumer, vous aurez un 13e mois et, vous les gros fumeurs, ça vous fera un 14e mois sans taxe et sans impôt ».

Pour rappel, le tabac entraîne la mort de 73 000 français chaque année. Cette première cause de décès évitable coûte entre 20 et 26 milliards d’euros par an à l’Assurance maladie. De plus, le « coût social » global annuel pour l’Etat (morts, maladies, pertes de productions, dépenses de prévention, répression, soins…) est estimé à 120 milliards par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies.

La politique fiscale du gouvernement permet de son côté de récupérer environ 14 milliards de dollars par an, d’après Bercy. L’explosion du marché noir de la cigarette, étroitement lié à la hausse des prix du paquet, impacte toutefois les recettes de l’Etat. En effet, un rapport parlementaire de 2021 chiffrait à 3 milliards d’euros le manque à gagner fiscal engendré par le tabac consommé illégalement en France. Selon ce même rapport, environ 17% des cigarettes consommées sur le territoire sont contrefaites.

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