Depuis quelques mois, on entend parler de plus en plus de tabac à chauffer. Ces produits, commercialisés depuis 2015, sont parfois présentés dans la presse comme des alternatives moins toxiques que la cigarette. Retour sur une nouvelle tendance, mise en lumière par le Journal de la Santé de Michel Cymes, et qui divise les experts de la lutte contre le tabagisme.

Une cigarette sans fumée

Le tabac à chauffer est issu d’une technologie qui permet aux fumeurs de consommer du tabac, sans que ce dernier ne soit brûlé, ce qui doit éviter l’inhalation de nombreux produits toxiques issus de la combustion du tabac.

Concrètement, IQOS (le dispositif commercialisé par Philip Morris) est le seul à ce jour présent sur le marché français. Il se présente sous la forme d’une « sorte de gros stylo blanc, dans lequel on introduit une cigarette filtre raccourcie, qu’on recharge avec des barrettes de tabac, le tout accompagné d’un chargeur dont le look fait penser à un Smartphone », comme l’explique la journaliste de RTL, Odile Pouget. L’appareil électronique IQOS est commercialisé à 70 €, et les recharges de tabac (paquets de 20 sticks) sont vendues 7 €.

Plusieurs marques proposent des produits similaires dans plus de 20 pays différents. En France, ils sont soumis à la législation sur le tabac, et disponibles chez les buralistes.

Réduction des risques par rapport à la cigarette classique ?

La consommation de tabac à chauffer, comme celles de cigarettes électroniques, participe à une démarche dite de réduction des risques de la part du consommateur : « je ne peux pas arrêter de fumer, mais je peux me faire moins de mal ». D’un point de vue médical, cela revient à estimer que la fumée de combustion est bien plus dangereuse que la nicotine seule.

En effet, les produits extrêmement toxiques émis par le tabac en combustion, comme le monoxyde de carbone, les goudrons, l’ammoniaque, ou encore le mercure, ne sont pas inhalés par les fumeurs de tabac à chauffer.

Si ces produits demeurent nocifs, car ils contiennent de la nicotine (à l’instar des autres types de cigarettes électroniques) ils causent a priori moins de dommages que les cigarettes classiques.

Les doutes

La communauté scientifique et les acteurs de la lutte contre le tabagisme sont néanmoins divisés sur cette technologie, autour de laquelle trop peu d’études ont encore été réalisées afin d’avoir toutes les informations nécessaires quant à sa dangerosité. Si la toxicité du tabac à chauffer est forcément bien plus faible que celles des cigarettes, il est encore dur de l’évaluer précisément.

Sans entrer dans le débat autour de la réduction des risques, qui divise la communauté médicale, c’est donc sur la dangerosité effective du produit que subsistent les inquiétudes. D’autant qu’avec la protection du secret industriel, il est très compliqué de connaitre la composition exacte de ces tabacs à chauffer.

Autre inquiétude des opposants aux substituts du tabac (de la même manière que pour les cigarettes électroniques) : les consommateurs et en particulier les plus jeunes, pourraient considérer que ces produits ne sont absolument pas dangereux. Si les non fumeurs se mettent au tabac via le tabac à chauffer ou les cigarettes électroniques, leur impact sur la santé publique serait alors négatif, au lieu de servir cette cause… La encore, les données scientifiques manquent, et seules des études indépendantes poussées permettront d’y voir plus clair.

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