La perspective d’un arrêt prochain de la production de ce modèle emblématique, reconnaissable à sa lunette en céramique rouge et bleue, provoque une flambée des prix et rend la montre plus convoitée que jamais.
La Rolex GMT-Master II référence 126710BLRO, surnommée « Pepsi » pour sa lunette rouge et bleue en céramique, se retrouve aujourd’hui au centre d’une spéculation inédite dans le monde de l’horlogerie haut de gamme.
À deux semaines de Watches and Wonders Geneva 2026 — le rendez-vous annuel où la marque genevoise actualise traditionnellement son catalogue, prévu du 14 au 20 avril — tous les indicateurs sont au rouge.
Les stocks ont disparu chez les distributeurs officiels, les prix flambent sur le marché parallèle, et la machine spéculative s’emballe. Une dynamique qui transforme littéralement une montre sportive en acier en véritable actif financier.
Au Royaume-Uni, le tarif catalogue atteint £10 080. Pourtant, fin mars, les transactions sur le marché secondaire dépassaient fréquemment £25 000, tandis que certains exemplaires neufs s’affichaient entre £30 000 et £45 000 sur des plateformes spécialisées comme Chrono24.
Un problème de fabrication, pas de tendance
Cette envolée reflète une surcote vertigineuse de 200 à 350 % pour une montre récente. D’après plusieurs sources du secteur citées par la chaîne « Luxe Pulse », les requêtes d’achat sur Chrono24 ont bondi de plus de 500 % par rapport à la moyenne de 2025, uniquement durant la première semaine de mars. Bloomberg rapporte, pour sa part, des hausses nocturnes allant jusqu’à 3 000 dollars.
À l’origine de cette frénésie, une rumeur persistante évoquant la fin de production imminente du modèle, potentiellement annoncée à Watches and Wonders. Si Rolex garde le silence, certains éléments accréditent cette hypothèse.
En effet, fabriquer la lunette bicolore rouge-bleu en céramique Cerachrom est extrêmement difficile. La transition nette entre les deux couleurs lors de la cuisson est si complexe que certaines sources parlent d’un taux de rebut catastrophique de seulement 1 pièce utilisable sur 15 produites.
Le précédent “Hulk” et le risque de surchauffe
Pour pallier ce problème structurel, Rolex peut compter sur un brevet déposé en 2022 pour un procédé céramique bicolore rouge et noir, techniquement plus stable et offrant une qualité constante, prélude probable au retour du légendaire modèle « Coke ».
Pour les collectionneurs, le risque est contre-intuitif, car le prix maximum d’une montre discontinuée est souvent atteint avant l’annonce officielle, pas après. La Submariner « Hulk » en est l’exemple parfait.
Quand Rolex a annoncé sa discontinuation en 2020, les prix ont immédiatement explosé sur le marché secondaire. La panique s’est installée, les acheteurs se sont précipités par peur de rater l’occasion. Mécaniquement, les prix ont continué à grimper pendant des mois, portés par la certitude qu’aucun nouveau stock n’arriverait plus jamais.
Reste que ceux qui ont acheté au sommet de cette frénésie — quand l’hystérie collective était à son maximum — se sont retrouvés avec une montre payée au prix fort, dont la valeur a ensuite stagné, voire reculé, une fois l’euphorie retombée et le marché saturé d’exemplaires remis en vente par des spéculateurs déçus.
