Le géant du streaming se retire de la course au rachat de Warner Bros Discovery après une offre exceptionnelle de Paramount, laissant ce dernier prendre le contrôle d’une importante major hollywoodienne.

Et à la fin, c’est Paramount Skydance (PSK) qui gagne. Le mercredi 25 février a marqué la fin de la bataille pour le contrôle de Warner Bros. Discovery (WBD), opposant le conglomérat de médias et de divertissement à Netflix, le numéro un du streaming.

Ce dernier, sommé par le conseil d’administration de WBD, après une nouvelle offensive spectaculaire de PSK quelques jours plus tôt, de relever son offre de 82,7 milliards de dollars, a finalement décidé de se retirer.

Un revirement spectaculaire, car un peu plus de deux mois auparavant, le 5 décembre 2025, le groupe de Los Gatos annonçait en grande pompe avoir trouvé un accord avec Warner Bros. Un rachat qui devait lui permettre de mettre la main sur l’un des catalogues les plus prestigieux de l’histoire du cinéma et de la télévision.

Si les marchés ont salué la décision de Netflix de renoncer à une opération jugée « beaucoup trop coûteuse » et peu prometteuse – le titre du groupe a bondi de 10 à 12% en séance post-marché, selon Bloomberg –, l’administration fédérale américaine n’y serait peut-être pas étrangère.

Une transaction sous haute pression politique

En effet, ce qui devait être un deal entre acteurs privés s’est progressivement mué en affaire d’État. Donald Trump, réputé proche de Larry Ellison, père de David Ellison, le patron de Skydance, a longtemps laissé entendre, en des termes à peine voilés, qu’un blocage réglementaire de l’accord Netflix–Warner était envisageable.

Le co-PDG de la plateforme, Ted Sarandos, s’était d’ailleurs rendu ce même mercredi à la Maison-Blanche pour un entretien avec le président. Comme l’explique Numerama, il ne faudrait toutefois pas sous-estimer la stratégie offensive de PSK, qui avait déclenché une OPA hostile en soumettant directement son projet aux actionnaires de Warner Bros., contournant ainsi la direction.

Le conseil d’administration avait dans un premier temps résisté, rappelant que l’accord exclusif conclu avec Netflix engageait les deux parties sous peine de lourdes sanctions financières. Mais la mécanique du retournement s’est révélée implacable.

Un marché des médias en pleine recomposition

D’abord, la question des garanties financières. Là où Netflix proposait un montage partiellement en actions – perçu comme complexe et risqué par les investisseurs –, le clan Redstone a misé sur une offre en numéraire, adossée à des fonds personnels, sans recourir au crédit bancaire.

Ensuite, et c’est peut-être le coup le plus décisif, Paramount s’est engagé à assumer lui-même les pénalités de rupture dues à Netflix au cas où Warner Bros. Discovery changerait de partenaire.

À première vue irrationnel pour Paramount, cet engagement était pourtant parfaitement rationnel sur le plan stratégique : il levait le dernier verrou juridique qui retenait Warner Bros dans les bras de Netflix.

Ce feuilleton révèle l’état de profonde mutation dans lequel se trouve l’industrie des médias aux États-Unis. Warner Bros. Discovery, héritier d’un empire audiovisuel constitué de studios légendaires, d’un catalogue de séries et de films considérables, et d’un réseau d’information mondiale avec CNN, cherche à se repositionner dans un secteur bousculé par la montée en puissance du streaming et la fragmentation des audiences.

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