Ces deux modèles emblématiques du constructeur américain tireront leur révérence dans les mois à venir, en raison de performances commerciales insuffisantes.
Elon Musk a annoncé mercredi 28 janvier lors de la conférence téléphonique sur les résultats trimestriels de Tesla, que la marque allait cesser de commercialiser les Model S et Model X d’ici le 30 juin prochain.
Dans un message publié le lendemain sur X, le constructeur justifie cette décision par une « transition vers un avenir autonome », précisant que la production de ces modèles sera progressivement réduite au cours du prochain trimestre.
« Si vous souhaitez en posséder un, c’est le moment idéal pour passer commande », a-t-il poursuivi. La Model S, lancée en 2012, aura donc vécu 14 ans, tandis que la Model X, introduite en 2014, disparaîtra après près de 11 années d’existence.
Bien qu’en fin de cycle et peu renouvelés ces dernières années, ces deux véhicules ont profondément marqué l’industrie automobile par leurs innovations et leurs performances remarquables.
Une reconversion industrielle
La Model S fut le premier modèle électrique haut de gamme capable de rivaliser avec les berlines de luxe traditionnelles, ouvrant la voie à l’électrification du marché premium. Ensemble, les Model S et X totalisent environ 740 000 exemplaires livrés depuis leur lancement, selon le créateur de contenu américain Sawyer Merritt.
Cependant, leurs ventes se sont nettement érodées. En 2025, la catégorie dite des « autres modèles » — principalement les Model S, Model X et robotaxis — n’a représenté que 50 850 unités, soit à peine 3,1% des 1,654 million de véhicules livrés dans le monde par Tesla, d’après BFMTV.
La fin de leur production signe également la disparition des versions Plaid, ces déclinaisons ultra-puissantes qui avaient fait sensation à leur sortie. L’abandon de ces modèles emblématiques, que le constructeur ne prévoit d’ailleurs pas de remplacer, s’inscrit dans une stratégie de réorientation plus large.
L’usine de Fremont, en Californie, qui assemblait jusqu’à présent les Model S et X, sera reconvertie pour accueillir la production du robot humanoïde Optimus, projet phare de Musk.
Une stratégie risquée ?
Tesla semble désormais délaisser progressivement son cœur de métier automobile pour concentrer ses efforts sur la robotique et l’intelligence artificielle. Ce virage ouvre un espace à la concurrence sur le segment haut de gamme.
Lucid Motors, avec sa berline électrique Air, se retrouve de fait presque sans adversaire direct. Rivian, déjà plébiscitée par d’ex-clients Tesla en quête d’alternatives, pourrait également tirer profit de cette transition.
Quant aux fidèles de la marque désireux d’un véhicule premium, leurs options se limitent désormais aux Model 3 ou Model Y, positionnées sur des segments inférieurs, ou au controversé Cybertruck, dont les ventes timides soulèvent des interrogations sur sa viabilité commerciale.
