La monture arborée par le président français depuis quelques jours offre une visibilité exceptionnelle à son fabricant, Henry Jullien.
Les lunettes « Pacific S 01 » pourraient bien être rebaptisées « Emmanuel Macron », tant ces accessoires conçus par le lunettier français Henry Jullien semblent s’être imposés comme une véritable signature du chef de l’État ces derniers jours.
Contraint d’en porter « pour quelque temps » en raison d’une irritation de l’œil droit qualifiée de « totalement bénigne » par son l’Élysée, le président s’est trouvé propulsé malgré lui au rang d’ambassadeur de la marque centenaire.
Installée à Lons-le-Saunier, dans le Jura, l’entreprise détenue par iVision Tech est désormais submergée par les commandes. « Nos partenaires et nos clients ont commencé à nous demander si ces lunettes venaient bien de chez nous », a confié le PDG de la maison-mère, Stefano Fulchir, le 21 janvier sur RTL.
« À la suite de la visibilité exceptionnelle obtenue par le modèle Pacific by Henry Jullien, porté par le Président Emmanuel Macron au sommet de Davos, notre boutique en ligne connaît un afflux inédit de visiteurs et de demandes. Pour garantir à tous une expérience stable, nous avons ouvert une page temporaire dédiée à son achat », peut-on lire sur le site officiel de la marque.
Un défi logistique
L’engouement est tel que la plateforme ne propose que ce modèle comme vitrine sur une page unique. Conçu il y a dix ans, le modèle Pacific S 01 — une paire de solaires aviateur — se distingue par une technique rare de doublé or laminé, où l’or est fusionné au métal, à la différence d’un simple plaquage.
« Ce n’est pas une lunette ordinaire ; c’est un produit de luxe qui ne se cassera pas au bout de deux ans et qui peut durer longtemps. C’est un investissement, comme un bijou, comme une montre », assure Stefano Fulchir, à propos de cette monture proposée à 659 euros.
Placé sous les projecteurs, Henry Jullien doit désormais faire face à un défi d’envergure : répondre à la demande, alors que chaque paire, y compris les verres, est entièrement fabriquée à la main.
Le marketing politique au service du luxe français
« Nous fabriquons en moyenne une centaine de modèles Pacific par an (ce qui peut prendre jusqu’à quatre mois de travail pour une paire) mais au vu de l’attention suscitée, nous pourrions en produire jusqu’à 1 000 cette année. », indique le patron d’iVision Tech, à RTL.
Ce n’est pas la première fois que le branding politique et les gros titres se mêlent de manière inattendue. En 2016, un simple tweet de Donald Trump critiquant le programme F-35 a fait chuter l’action de Lockheed Martin.
Dans le même message, il suggérait que Boeing devrait offrir une alternative, et les actions de Boeing ont augmenté. En 2017, un autre tweet de Trump ciblant Amazon a effacé des milliards de dollars de la valeur de l’entreprise en une seule journée.
